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De 1850 à 1880: Création du Collège Francais

C’est ainsi qu’en
1856, grâce au Recteur Harriet, prêtre du diocèse de Bayonne, la petite école
de Saint-Louis des Français fut enfin créée, troisième élément désormais de
l’Oeuvre Saint Louis. Elle était située dans la maison contiguë à l’église et
tout à côté de l’infirmerie, au n°8 de la Calle Tres Cruces. Elle fut
initialement dirigée par les Servantes de Marie, du diocèse de Bayonne, qui
avaient déjà pris en charge l’infirmerie. Monsieur Harriet établit des classes
payantes destinées surtout aux enfants des familles françaises aisées de
Madrid. L’école, dite « l’Ecole des demoiselles », commença avec 50
élèves et 4 religieuses. Les cours étaient faits autant que possible comme en
France, ce qui permettait aux élèves de se perfectionner dans leur langue et de
recevoir à l’étranger une instruction aussi complète que dans leur patrie. Le
prix des scolarités fut affecté tout d’abord à couvrir les frais des travaux de
l’église ; plus tard, il servit au soutien des malades pauvres de
l’hôpital. Quatre ans plus tard, en 1860, il y avait déjà 100 élèves. Les
Recteurs bénéficiaient en partie, avec l’école, d’une source régulière de
revenus pour l’Oeuvre dans son ensemble, mais il est vrai aussi que, pour
établir l’école et ensuite pour l’agrandir, on sacrifia des immeubles
appartenant à l’Oeuvre. Un courant de solidarité s’établissait entre ses différents
éléments.
En 1872 les
Servantes de Marie furent rappelées par leur évêque et repartirent à Bayonne.
L’école devait fermer ses portes, mais le Comité recteur de Saint-Louis voulant
éviter cela, ils demandèrent aux Filles de la Charité de le reprendre. Cette
communauté avait été fondée en France deux siècles auparavant par Saint Vincent
de Paul. Les Filles de la Charité acceptaient de prendre l’école à condition
d’avoir là une œuvre indépendante ; elle n’aurait d’autre obligation
vis-à-vis de l’Oeuvre que celle de payer le loyer du local. L’entente n’eut
lieu qu’au bout de deux ans ; finalement, le 1er juin 1874,
trois sœurs vinrent prendre possession de l’école. Pendant l’intervalle les
enfants s’étaient dispersés et seulement un très petit nombre d’élève fit la
rentrée d’octobre. L’école fut alors appelée « Ecole Française ».
Monsieur Harriet se retira cette même année. Son successeur fut un père
lazariste.
Le statut de
l’école fut consolidé en 1876, date à laquelle fut signé un Convenio entre le gouvernement
français et le gouvernement espagnol. Le rôle des quatre députés qui selon la
volonté du Fondateur, M de Saureuxl, était de veiller sur l’œuvre, fut
confirmé. Ils seraient choisis par M. l’Ambassadeur de France et agréés par le
gouvernement espagnol. Le Convenio précisait de nouveau que l’Oeuvre
Saint-Louis des Français de Madrid appartenait à la France et qu’elle serait
dirigée par un prêtre français, également agréé par le gouvernement espagnol.
L’Oeuvre Saint-Louis bénéficiait ainsi du double patronage et de la double
protection de la France et de l’Espagne.
Quelques années plus tard, en juillet 1880,
M. Alvernhe étant Recteur, l’hôpital, pour des raisons d’hygiène et
d’agrandissement, fut transféré Calle Claudio Coello 92, et à sa place on ouvrit
une annexe de l’école pour les garçons qui fonctionna jusqu’en février 1881 et
cessa définitivement en novembre 1882. Cette même année le Père Fiat, supérieur
général des Lazaristes et des Filles de la Charité, visita le Collège et
manifesta le désir de voir les sœurs prendre en charge entièrement 7 orphelines
pauvres. On le fit pendant quatre ans mais, la situation économique devenant
précaire, c’était impossible de continuer. Les sœurs demandèrent que le montant
du loyer qu’elles devaient payer à l’Oeuvre fut diminué, mais on désestima leur
demande. Les divergences entre le Recteur, M. Salvairem le Comité de
Saint-Louis et les sœurs de Saint-Vincent de Paul firent que ces dernières
quittèrent l’école, qui ferma par conséquent à la fin de l’année scolaire 1887.

Les membres du Comité chargés de l’hôpital
de Totana ayant demandé des Filles de la Charité pour diriger l’établissement,
les supérieures y envoyèrent les sœurs de l’école sœur Couillerot et ses
compagnes. L’immeuble des classes et leur mobilier furent mis en vente, mais
restèrent sans acquéreur. L’église et l’hôpital d’autre part, privés des
ressources assurées par l’école, se trouvèrent dans une mauvaise situation.
L’Ambassadeur proposa au Comité de Saint-Louis de rouvrir l’école de filles, la
rattachant directement à l’Oeuvre et se chargeant eux-mêmes de la direction. Les
membres du Comité comprirent alors qu’ils ne pourraient pas assumer tous seuls
cette tâche, et le 7 mars 1888 prièrent les supérieures des Filles de la
Charité de leur rendre les sœurs affectées à l’hôpital de Totana ou du moins
sœur Couillerot dont ils avait admiré l’esprit d’organisation, d’ordre et
d’économie.
En Mars 1888, tout s’arrange. Les Filles de
la Charité acquiescent au désir du Comité et sœur Antoinette Couillerot revient
avec deux compagnes reprendre possession du Collège. A la rentrée des vacances
de Pâques, l’école commence à fonctionner de nouveau modestement avec seulement
14 élèves. Elle s’appelle désormais l’ « École Saint-Louis des
Français ».

A la fin de l’année scolaire, le 11 Juin
1888, un règlement fut établi selon lequel le Comité Saint-Louis déléguait la
supervision de tout ce qui concernerait le local et le matériel de l’école,
pour déterminer le montant des scolarités et les concessions à faire sur ce
tarif dans chaque cas particulier ; sur le programme d’études et les
livres utilisés qui devraient être choisis parmi ceux du catalogue établi par
les Filles de la Doctrine Chrétienne, sur la durée et la date des vacances. Au
début de chaque mois et avant la réunion du Comité elle leur rendrait compte
des recettes et dépenses de l’école, puis remettrait à M. l’Administrateur de
Saint-Louis un état des recettes et dépenses visés par un délégué. En même
temps, elle lui verserait le solde en espèces qui résulterait de cet état. À la
fin de chaque année scolaire, un inventaire du matériel et du mobilier de
l’école serait donné par la supérieure aux délégués. Ces derniers rendraient
compte au Comité à chaque réunion mensuelle de la marche de l’école et leurs observations
seraient consignées. Le règlement fut signé par le Recteur M. Villars et
l’Administrateur M. Rivière.
Le 21 novembre de la même année un contrat
fut passé entre le Recteur de Saint-Louis – le Père Jean-Marie Ler de Bussy –
au nom du Comité, la Visitatrice et M. Vannier, Directeur des Filles de la
Charité, au nom de la Supérieure générale. Et voici que le Collège, qui avait
connu de si pénibles débuts, commence à connaître une croissance continue. Les
élèves se présentent bientôt nombreuses et on peut organiser quatre classes. On
y recoit l’enseignement des classes de Primaire en français et en espagnol, et
aussi des enseignements pratiques (couture, etc.) et artistiques. Le 8 Janvier 1906, le Collège est reconnu
officiellement par le gouvernement espagnol (Cf. BOE du 13 Janvier 1906). En
1908 sœur Couillerot part, et M. l’Ambassadeur décide de confier la direction
du Collège à sœur Josèphe Bessoles, espérant que l’expérience qu’elle a acquise
auprès de la regrettée sœur Couillerot lui permettra de remplir cette charge à
la satisfaction de tous. Le collège rencontre un grand succès et il
devient rapidement trop petit. On décide alors de le reloger plus au large au
n°12 de la Calle Tres Cruces. Les travaux s’étalent entre 1921 et 1925, et en
1925 le Collège commence à fonctionner dans le nouveau bâtiment avec 469
élèves. En 1927 le Conseil Provincial des Filles de
la Charité demande à la supérieure du Collège, sœur Joseph Bessoles, de
s’occuper désormais de l’Hôpital del Nino Jesus, à Madrid. Sœur Anglès,
supérieure du Collège San Manuel à Malaga, la remplacerait. Le départ de Sœur
Josèphe causa beaucoup de peine aux sœurs du Collège et aux parents
d’élèves ; elle en était très aimée à cause du zèle qu’elle manifestait
dans l’accomplissement de sa tâche. Cependant sœur Anglès fut bien accueillie,
ce n’était pas une inconnue, car 21 ans auparavant elle avait été
sous-maîtresse au Collège, quittant celui-ci pour rentrer chez les Filles de la
Charité. Le Recteur de l’époque, M. l’Abbé Tubeuf, demanda à la nouvelle
supérieure d’ouvrir pour les jeunes filles de nouvelles classes où des cours de
commerce, dactylographie et sténographie leur seraient proposés. En octobre 1930 le Collège compte 531 élèves.
A la demande de plusieurs familles, on implante l’enseignement Secondaire
(Baccalauréat). Les examens officiels seraient passés à l’Insituto Nacional
Cardenal Cisneros. L’étude de la langue, de la littérature et de la culture
francaise étaient maintenue dans cette section. Un groupe de professeurs
licenciés toutes de nationalité espagnole et sous la direction d’une d’entre
elles – Dona Maria San José, Docteur en Philosophie et Lettres – était chargé
de son fonctionnement. La responsabilité des études secondaires incombait donc
à la directrice de cette section, Madame San José, et la responsabilité morale
et la direction générale du Collège à la Mère Supérieure. Les Maîtresses
espagnoles qui s’occupent de chacune des classes sont sous la responsabilité d’une
sœur, mais cette dernière n’intervient directement dans la classe que pour la
surveillance des heures d’étude, l’enseignement du francais et celui de la
religion, où elle seconde le prêtre qui en est chargé. Les résultats
académiques obtenus dans cette section furent très satisfaisants. Les
promotions de 1931 et 1932 comptaient 23 élèves ; en 1923, elles étaient
32, en 1934, 26, en 1935, 28. Cela fait
un total de 179 élèves qui se présentèrent aux examens du Baccalauréat pendant
cette période. Les actes de l’Instituto Cardenal Cisneros témoignent de leur
excellent niveau : 68 Sobresaliente (mention Très Bien), donc 36
« Matriculas de Honor » ; 92 Notable (Mention Bien) ; 9
Aprobado (admises sans mention). Ces résultats ont mérité au Collège les
félicitations du Jury. Le prestige du Collège était bien justifié. En 1933 le nombre
total d’élèves s’élève à 600. Elles sont réparties en 10 classes. Onze sœurs et
dix maîtresses espagnoles et francaises s’en occupent, outre les professeurs
licenciés. Le Collège propose aussi maintenant des cours de Conversation
francaise pour adultes, dames ou jeunes filles ; du solfège et du piano,
avec examens facultatifs passés au Conservatoire ; dessin, peinture, et
cuir repoussé, anglais et gymnastique suédoise. Ces cours étaient donnés par
des sœurs ou des professeurs compétents dans chaque matière. Au cours de
l’été !933 on dut regretter la mort de Sœur Vincent Thépault. Sous le rectorat de M. l’Abbé
Azémar, en 1934, le Collège fut agrandi : on aménagea trois classes au-dessus
de l’église, Calle Tres Cruces, 10. Le nombre total d’élèves s’élevait à 700. L’année scolaire
1935/1936 marque la fin d’une étape, puisque pendant la guerre civile
(1936/1939), le Collège une fois de plus dût fermer. Mais les pères
lazaristes et les Filles de la Charité ne sont pas restés inactifs pendant
cette période. Les Sœurs accueillirent dans les classes et dans le sous-sol du
Collège ainsi qu’à l’hôpital un grand nombre de réfugiés, les aidèrent, leur
procurèrent parfois les moyens de quitter l’Espagne. Leur réputation de courage
traversa les Pyrénées, et fut reconnue également en Espagne : les sœurs
furent publiquement félicitées et M. le Recteur fut décoré avec la médaille de
l’Ordre de Isabel la Católica. Ce n’était pas la première fois que l’œuvre
Saint Louis se comportait de la sorte. En 1921 une salle de l’hôpital fut mise
à la disposition de SM la Reine pour soigner les blessés de la guerre
d’Afrique, le Collège travaillant activement pour rassembler des fonds dans ce
but.
On délogea les
locataires du rez de chaussée moyennant 175 000 Ptas, on acheta le sol et
on y rebâtit, rez-de-chaussée plus les trois étages du bâtiment couronnés d’une
terrasse qui déjà avant la guerre étaient occupés par le Collège. Le premier
étage communiquait avec l’église, au-dessus de laquelle se trouvaient quelques
classes, Calle Tres Cruces 10, et aussi avec le bâtiment contigu, où se
trouvait initialement le Collège (Calle Tres Cruces 8). Quant au Rectorat, très
endommagé par les bombardements, il fut transformé en annexe du Collège – le
Recteur s’établit dans une chambre d’emprunt- Ces travaux coutèrent à peu près
675 000 Ptas. D’autre part, au
fur et à mesure que les années passent, il y a de plus en plus de demandes
d’inscription et les centres d’enseignement doivent répondre à de nouvelles
exigences ; il s’avère absolument nécessaire que le Collège, qui jouit
d’une grande considération, se modernise
et s’adapte aux nouveaux besoins. Situé en plein centre de Madrid, dans une rue
étroite, de circulation intense et entouré de hautes maisons, il est
impossible, par exemple, d’aménager des terrains de sport : il faut aller
ailleurs. En 1964, les Filles
de la Charité furent relevées par les membres de l’Institut Notre Dame de Vie,
de la famille spirituelle du Carmel. Pour commencer, elles assumèrent avec
courage et enthousiasme la lourde charge du déménagement et de l’adaptation du
Collège. L’année scolaire
1983/1984, le Collège Saint-Louis accueillit de nouveau des garcons parmi ses élèves.
La mixité se fit peu à peu, en commencant par les classes maternelles et en
progressant à mesure que les garcons grandissaient. Actuellement toutes les
classes sont mixtes. En 1988/89,
l’enseignement de l’anglais est introduit dans les programmes à partir de 11
ans, comme deuxième langue étrangère. En 1993/1994 on y ajoute l’enseignement
optionnel de l’allemand comme troisième langue, à partir de 14 ans. En 1994/95,
on introduit le système francais dans une classe par section, pour
l’enseignement primaire. Ainsi le Collège répond-il de facon adapatée au fil
des années à sa vocation de contribuer à la construction européenne. Et déjà, en cette
année 2005-2006, un autre projet se profile avec la construction d’un nouveau
collège plus spacieux à Pozuelo même, ce qui supposera un nouveau
déménagement !
De 1906 à 1939: Une croissance régulière et la situation pendant la guerre civile espagnole
En 1916 le Collège compte plus de 300 enfants. Elles sont réparties en cinq
classes. Les études se font entièrement en français, bien que la proportion
d’élèves français soit petite à côté du nombre d’élèves espagnols. Les parents
sont très satisfaits de l’instruction donnée ; aucun détail n’est négligé.
De 1939 à 1960: Accréditation officielle espagnole du collège, un succès croissant limité par l'espace

Après 1960: Extension à Pozuelo et passage de témoin à Notre Dame de Vie
De 1967 à nos Jours: Mixité et ouverture linguistique privilégiée à l'Europe

Pour retrouver plus de détails sur le collège Francais de Pozuelo, visitez
le site du lycée
Saint-Louis des Francais duquel est tiré cet historique succinct.
